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Les Chrétiens et le Sionisme - 28.03.2012

Il y a toujours eu des Juifs en Palestine, AVANT et même APRÈS la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains (en 70 AD).

Luc Henrist / Les chrétiens doivent-il être «sionistes» ?
par actualitechretienne, qui demande que cet article soit diffusé sans modération. Faites-le donc suivre à tous vos amis!

Il y a quelques semaines, j’ai reçu un e-mail de la part d’un étudiant de l’Université de Bruxelles (ULB) me signalant qu’il allait faire son mémoire sur le «sionisme chrétien», et il me demandait mon aide pour ce faire.
Tout d’abord, j’ai été étonné qu’il se soit adressé à moi car je me demande comment il m’a «trouvé» sous cette appellation ? Parce que justement, je ne me considère pas comme un «chrétien sioniste»…
Pour pouvoir exposer le fond de ma pensée, on a besoin de comprendre ce que signifie le «sionisme», tout en gardant à l’esprit que ce mot a aujourd’hui une connotation très négative pour ne pas dire épouvantable… Ceci étant, dans le dictionnaire, on trouve cette définition : «(de Sion, montagne de Jérusalem). Mouvement dont l’objet fut la constitution, en Palestine, d’un État Juif».
Ce qui me dérange, dans cette définition, c’est le fait qu’elle donne clairement l’impression que c’est ce mouvement qui a été la cause de tous les ennuis et de toutes les violences qui auraient donc débuté avec la «constitution (en Palestine) d’un État Juif (en 1948)»… Alors qu’en réalité, il y a TOUJOURS eu des Juifs en Palestine… En effet, AVANT et même APRÈS la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains (en 70 AD), il y a toujours eu des Juifs qui ont habité les trois grands centres du judaïsme en Israël : Jérusalem, Hébron et Tzfat (Safed).
Il y a 3000 ans, le premier Roi de Jérusalem (David) a régné sur cette ville (contrairement à ce qui est écrit sur le socle de la statue de «Godefroid de Bouillon, Premier Roi de Jérusalem», ce meurtrier dont la statue trône fièrement sur la Place Royale de Bruxelles jusqu’aujourd’hui…). Lorsque je parle du conflit actuel, je ne parle pas du conflit «israélo-palestinien», mais du conflit «Palestino-israélien», car il faut savoir que déjà en 1929, 67 membres de la Communauté Juive de Hébron ont été sauvagement massacrés par des palestiniens… Cela s’est passé 19 ans AVANT la «Nabka / Tragédie», comme la nomment les palestiniens, c’est-à-dire la RENAISSANCE (et non pas la «création») de l’État d’Israël…
En fait, il faut savoir que jusqu’en 1948, les Juifs qui habitaient cette terre s’appelaient eux-mêmes des «palestiniens», et le journal qui s’appelle aujourd’hui «Jerusalem Post» portait le titre révélateur de «Palestine Post»… En outre, le nom de «Palestine» a été donné par les Romains en 135 AD, comme terme péjoratif à la terre d’Israël, suite à la défaite de Bar Kochba. Et on ne trouve pas une seule fois le terme «Palestine» dans la Bible… Comme vous le voyez, il existe beaucoup d’idées préconçues ou de stéréotypes sur l’Histoire de la «Palestine»… Si je pouvais donner ma définition du sionisme, je dirais ceci : «Mouvement de retour du peuple Juif à Sion (montagne de Jérusalem) selon les instructions bibliques»…
Car en fait, si nous regardons la Bible, nous verrons que Dieu a des sentiments sionistes très marqués… Je ne donnerais que deux exemples (il y en a des dizaines… Sachez que le mot «Sion» apparaît 167 fois dans la Bible…) :
- «Car Dieu sauvera Sion, et bâtira les villes de Juda; On s’y établira, et l’on en prendra possession» (Psaume 69 v35)
- «Les rachetés de l’Éternel retourneront, Ils iront à Sion avec chants de triomphe, Et une joie éternelle couronnera leur tête; L’allégresse et la joie s’approcheront, La douleur et les gémissements s’enfuiront» (Ésaïe 35 v10)
A travers les siècles, le peuple Juif a toujours eu ce désir de retourner à Sion. C’est ainsi que chaque année, depuis plus de 3000 ans, à la fin du repas traditionnel (le Séder) qui ouvre la semaine de «Pâque», les Juifs se disent l’un à l’autre : «L’année prochaine à Jérusalem». Lorsqu’ils prient (3 fois par jour), peu importe où ils se trouvent, ils se tournent toujours physiquement vers «Sion», c’est à dire vers Jérusalem.
Mais il a fallu attendre de nombreuses années pour que ce «rêve» devienne réalité. En fait, c’est Théodore Herzl, Juif autrichien (1860 – 1904) qui s’intéressait très peu à la Bible, qui va devenir le «Fondateur du sionisme moderne». En 1894, il était correspondant pour le journal viennois «Neuen Freien Presse» à Paris, en pleine «Affaire Dreyfus». Il a vu de ses propres yeux des manifestations antisémites avec des Français qui criaient : «MORT AUX JUIFS». Et c’est ainsi que petit à petit, il en est arrivé à la conclusion que, peu importe où les Juifs se trouvent, ils sont toujours détestés… Et qu’il faudrait donc qu’ils aient leur propre patrie.
En 1895 il va écrire un livre «Der Judenstaat» (L’État Juif). L’année suivante, un étrange personnage va faire son apparition dans la vie de Herzl, il s’agit du Pasteur anglais William Hechler (1845 – 1931). Celui-ci avait lu le livre de Herzl et il y avait vu la mise en marche de la réalisation des prophéties concernant le retour des Juifs à Sion. Il déclarait notamment : «Selon la Bible, les Juifs doivent retourner en Palestine (!) Par conséquent, je viens en aide à ce mouvement, en tant que Chrétien, pleinement convaincu de la vérité de la Bible». Il va donc s’attacher à Herzl et lui ouvrir des portes pour s’adresser aux grands de ce monde (notamment Frédéric I, Grand Duc de Baden en 1896, oncle du Kaiser Guillaume II d’Allemagne, que Herzl rencontrera en 1898).
Le Pasteur Hechler est resté jusqu’au bout aux côtés de Herzl (qui est mort jeune…à 44 ans) et l’a encouragé à aller de l’avant avec son projet. Et Herzl lui a montré sa reconnaissance en l’invitant au premier congrès «sioniste» qui eut lieu à Bâle (Suisse) le 29 août 1897. Il est intéressant de savoir que suite à ce congrès, Herzl va écrire prophétiquement dans son journal : «A Bâle, j’ai créé l’Etat juif. Si je disais cela aujourd’hui publiquement, un rire universel serait la réponse. Dans cinq ans peut-être, dans cinquante sûrement, tout le monde comprendra». Prédiction réalisée, à quelques mois près…
Il faut savoir que dans l’assistance de ce premier congrès sioniste se trouvait un autre protestant genevois qui soutenait aussi ce projet «sioniste» : Henri Dunant (1828-1910), fondateur de la Croix Rouge… Dunant fréquentait la «Paroisse de l’Oratoire», qui existe encore de nos jours. En fait, on peut dire que ce sont les Chrétiens qui, avant les Juifs, ont eu à cœur, ce «retour à Sion»… On le voit dans des écrits tels que celui d’Isaac Newton, (1642-1727), qui était à la fois scientifique et théologien. Il professait les mêmes idées que celles des Puritains : «Le mystère de cette restitution de toute chose se trouve donc chez tous les prophètes, écrit-il, et c’est pourquoi je m’étonne que, à ma grande stupéfaction, si peu de Chrétiens de notre temps arrivent à l’y trouver. Car ils ne comprennent pas que ce mystère consiste dans le retour final de captivité des Juifs, leur conquête des nations des quatre monarchies et leur établissement d’un Royaume juste et florissant». On voit aussi cette notion dans le livre d’Edward Whitaker (1784) : «Sur la restauration finale des Juifs».
Il ne faut pas oublier non plus que (selon Haïm Weizman, le premier Président de l’État d’Israël) «les hommes comme Balfour, Churchill, Lloyd George, étaient profondément religieux, ils croyaient en la Bible. Pour eux, le retour du peuple juif en Palestine était une réalité, de sorte que les sionistes représentaient pour eux une grande tradition, pour laquelle ils avaient beaucoup de respect ». Et selon Arthur W. Kac : «Assis sur le banc de l’Eglise paroissiale de Wittingham, le jeune Balfour entendait la pure doctrine évangélique : Les Juifs doivent d’abord retourner à Sion et ensuite viendra le drame final». Lord Arthur Balfour (1848 – 1930) (Premier Ministre de 1902 à 1905. Ensuite, Ministre britannique des Affaires Étrangères de 1916 à 1919) a été un élément clé dans la renaissance de l’État d’Israël. On le voit notamment dans cette déclaration qui date de 1917 :
«Cher Lord Rothschild,
J’ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l’adresse des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui.
Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.
Arthur James Balfour»
En fin de compte, la question n’est pas de savoir si je suis un «chrétien sioniste»… Je suis un «chrétien tout-court», car je ne défends pas unilatéralement le «sionisme» tel qu’il est perçu aujourd’hui. Il y a quelques années, je me suis permis d’écrire une lettre au Ministre de la Justice israélienne pour lui faire part de mon inquiétude en apprenant qu’un jeune Juif messianique avait été gravement blessé en Israël, en ouvrant un colis piégé envoyé chez ses parents… Peu de temps après, le criminel a été trouvé et arrêté.
Beaucoup se posent la question : «Peut-on critiquer Israël sans se faire passer pour un antisémite» ? C’était un des «Sujets Tabous» abordés par le journal «Le Soir» le 16 février 2012. Je laisse la réponse à l’Ambassadeur d’Israël en Belgique : «Se pose-t-on aussi la question inverse : est-il permis de soutenir Israël ? D’aucuns considèrent que soutenir Israël n’est pas politiquement correct. Pourtant, oui, il est bien entendu permis de soutenir Israël, sans tabous ! A la question de savoir si l’on peut critiquer Israël, là aussi, la réponse est oui. Mais la vraie question est de savoir si cette critique est justifiée. Se fait-elle hors contexte, ne cache-t-elle pas des tentatives de diabolisation, de délégitimisation, d’usage de doubles standards qui paraissent orientés et pas du tout objectifs ?» …
En ce qui me concerne, je défends, selon les Écritures, le retour du peuple Juif à Sion. Car, comme je vous l’ai démontré, ceci n’est ni un concept politique à connotation négative, créé en 1948, ni un désir de s’approprier un territoire qui appartient à un «autre peuple», ni une idée inventée par un homme, mais la volonté de Dieu lui-même !
Certains utilisent aujourd’hui l’antisionisme comme prétexte pour cacher leur antisémitisme… Mais comme le disait si bien le Pasteur Martin Luther King quelques mois avant sa mort (en octobre 1967): «Lorsque les gens critiquent le sionisme, ils pensent aux Juifs. Donc, il est bien question d’antisémitisme…».
Et finalement, pour ceux que «Sion» dérange encore, n’oubliez pas que «Le libérateur viendra de SION et il détournera de Jacob (Israël) les impiétés». Et «ce sera mon alliance avec eux, lorsque j’ôterai leurs péchés» (Romains 11 :26-27)
Luc Henrist
          
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